Près de 700 signalements ont été déposés sur SignalConso depuis le début du mois de juin. Avec la canicule et les ruptures de stock, les offres de climatiseurs présentés comme révolutionnaires se sont multipliées sur Internet. Certaines dissimulaient de simples rafraîchisseurs d’air ou des ventilateurs ; d’autres n’ont jamais donné lieu à une livraison.
L’épisode caniculaire de l’été 2026 a créé un contexte particulièrement favorable aux vendeurs peu scrupuleux. Face aux ruptures de stock dans plusieurs circuits de distribution, des publicités apparues sur les réseaux sociaux et sur des sites Internet ont proposé des appareils « révolutionnaires », compacts, silencieux, très peu énergivores et capables de refroidir rapidement une pièce.
Des climatiseurs qui n’en sont pas

La réalité est parfois très différente. Dans une enquête publiée le 2 juillet, TF1 Info avait identifié plusieurs campagnes publicitaires utilisant des vidéos fabriquées ou fortement modifiées par intelligence artificielle. Certaines mettaient en scène de prétendus ingénieurs de la NASA présentant un petit appareil comme une nouvelle technologie de climatisation. L’enquête a montré que le produit présenté était en réalité un petit ventilateur par brumisation, vendu sur des sites spécialisés pour une vingtaine d’euros sous sa véritable appellation.
Photo : Un montage réalisé à partir des images sur le site de vente AiraBreeze.
Le procédé rappelle d’ailleurs, par son esthétique et son argumentaire, certaines publicités pour les petits appareils électriques chauffants apparues dès les années 1970. Même recherche d’un appareil compact, facile à utiliser et présenté comme une solution technique presque universelle ; même insistance sur la puissance, la rapidité d’action et la faible consommation ; même promesse d’un confort immédiat sans installation complexe. La différence tient évidemment à la fonction recherchée : hier, il s’agissait de produire rapidement de la chaleur avec un petit appareil électrique ; aujourd’hui, ces publicités promettent de produire du « froid » dans un appareil de très faible encombrement. Ce rapprochement relève moins d’une continuité technique que d’une recette publicitaire récurrente : transformer un petit appareil électrique en solution miracle grâce à un vocabulaire technique et à des performances spectaculaires.
En outre, la distinction avec la climatisation n’est pas simplement commerciale : elle est technique. Un climatiseur est une machine frigorifique – thermodynamique – qui extrait la chaleur de l’air intérieur et la rejette à l’extérieur. La DGCCRF (Direction de la concurrence et de la répression des fraudes) rappelle ainsi qu’un véritable climatiseur ne peut pas fonctionner sans une indispensable évacuation de l’air chaud vers l’extérieur.
Un rafraîchisseur d’air fonctionne différemment. Il utilise l’évaporation de l’eau pour modifier la température ressentie, un phénomène dit « adiabatique » largement exploité dans les bâtiments tertiaires et industriels. Mais il ne constitue pas une installation de climatisation frigorifique. Quant au ventilateur, il ne refroidit pas réellement l’air de la pièce : il augmente la sensation de fraîcheur sur la peau.
Près de 700 signalements depuis juin
Le phénomène ne se limite pas à quelques publicités isolées. Dans son alerte du 20 juillet, la DGCCRF indique que près de 700 signalements concernant des climatiseurs avaient été déposés sur SignalConso depuis le début du mois de juin, principalement à la suite d’achats effectués sur des sites Internet d’origine étrangère. Les signalements portent notamment sur des défauts de livraison et des pratiques commerciales trompeuses. La DGCCRF précise avoir engagé des contrôles sur la loyauté des informations relatives aux climatiseurs commercialisés.
Une enquête du Monde, publiée le 26 juillet, a par ailleurs étudié plusieurs marques apparues pendant les vagues de chaleur, parmi lesquelles Airabreeze, Coolizi et Epicooler. Le quotidien décrit des réseaux commerciaux internationaux et des campagnes publicitaires reposant notamment sur des arguments très exagérés et de faux témoignages. Certains consommateurs auraient reçu des appareils ne correspondant pas aux promesses, tandis que d’autres n’auraient jamais reçu leur commande.
Pour le consommateur, quelques vérifications permettent de réduire fortement le risque. Avant de commander, il convient d’identifier précisément le vendeur et son adresse, de consulter les mentions légales, de rechercher des avis indépendants et de se méfier des prix sans rapport avec ceux des appareils comparables. La DGCCRF recommande également de vérifier attentivement les caractéristiques techniques du produit et de signaler les offres suspectes sur SignalConso.
Compléments :
– Site de la DGCCRF ;
– Quelques pages publicitaires encore sur internet (aujourd’hui, beaucoup sont bloquées) : AiraBreeze, une version avec « avis » de Coolizi, et EpiCooler :
– L’enquête du Monde du 26 juillet 2026 ;
– Un reportage sur TF1 Info.